CHAPTER 6


« Vas y essaies de me retenir. Fais dans l'original pour une fois, et épargne moi les clichés sans âme du type "sans Toi je ne suis rien". Tu sais que toutes ces conneries ne m'atteignent plus, elles m'ont usées et laissées sur ma faim, rien de plus, rien de moins. Arrêtes de renifler, et dis quelque chose, défends toi et traite de moi de salaud, et de tous ces mots dépourvus de sens que l'on débite lorsque l'on se sent désarmés, et plus à la hauteur. Parce que oui tu ne l'es plus. J'attends. Tu me fais perdre mon temps. Tes silences destinés à me rappeler que tu m'es soumise me donnent envie de vomir. Merde t'as mis ta fierté dans ta poche ou quoi ? Allez prouve moi que t'as encore quelque chose dans le ventre, dégueule moi mes défauts et mâche mes qualités. Je t'ai foutu la tête sous l'eau prouve moi que tu peux survivre en apnée. J'attends toujours. Tu le fais exprès ? Tu rebondis sur le verbe "survivre" comme si je t'avais tendu une perche, mais c'est ta dépendance à ma personne qui a tout foutu en l'air, j'etouffais, je pourissais de l'interieur à force de tout garder pour moi. Ta façon de m'aimer comme une gamine qui a trouver le prince charmant me fait pitié, ton admiration et ta confiance éperdue m'exaspèrent. Quand je te caresse tu jouis face à ce que tu ne seras jamais : une personne à part entière. Ca y'est tu me traites de salaud je t'ai rendu service finalement, le téléphone ca a du bon, la gifle tu l'as recu à distance, et ta vie s'écroulera une fois la communication coupée. Justement, je suis pressé. Aurevoir. »


# Posté le jeudi 06 novembre 2008 12:52

Modifié le jeudi 06 novembre 2008 14:06

CHAPTER 7

Au restaurant. Tu essaies de donner à ton regard un côté piquant et lascif, tout en cherchant à rester "classe". Une manoeuvre mal exécutée qu'il salue d'un raclement de gorge. Il a opté pour un costume noir, bien coupé, de larges épaules, une silhouette dessinée, il a de quoi te prendre de haut. Il est le genre d'homme qui ne cherche plus à plaire, il charme forcément, et il le sait. Tu cherches à déceler dans son attitude les "signes" qui pourraient te faire dire que "quelque chose" passe entre vous, le feeling. Toi, tu le désirais, et voulais l'obtenir, depuis le jour où il avait mis un pied dans ta boutique : dès lors rien ne dépendrait plus de toi, tu étais déjà à sa merci. Il t'enjoint à faire un choix sans te soucier des prix, rejeté au fond de sa chaise, il gratifie le décor d'un regard sombre : il est au dessus de tout. Toi, tu jubiles, tu aimes ses yeux noirs, ses cheveux courts, la barbe de quelques jours, et son fric. Ses élans narcissiques tu les lui pardonnes "parce qu'il a de quoi". Au cours du repas, tes mots, ton rire, et tes pieds mettent tout en oeuvre pour le faire tomber entre tes mains avant la fin de la soirée,
A 01h00,
Tu es chez lui,

Et nous, on sait déjà la suite

# Posté le lundi 06 octobre 2008 12:21

Modifié le jeudi 06 novembre 2008 14:06

CHAPTER 8

Le réveil. Tu n'es pas peu fière de la nuit écoulée, il est vrai que tu as fait ton possible pour le satisfaire de mille et une manière différente. Tu as aimé sa violencé retenue, sa fermeté dans l'amour, le silence seulement rompu par les souffles courts. Ses doigts, sa langue ont animé chaque partie de ton corps, tu t'es sentie vivante sous ses mains. Lui rendre la pareille n'était pas simple, mais il faut l'admettre, tu t'es bien défendue. On aurait aimé pouvoir dire que tu étais plus jolie après une nuit passée entre ses draps, mais tes cheveux humides, et ton corps usé parlent d'eux mêmes. Lui, il est déjà levé, dans la salle de bain, il s'inspecte, se touche, il ne t'accorde aucune attention. Tout semble en place, il prépare un café. Tu souris bêtement, persuadée de l'avoir dans la poche, persuadée d'avoir remporté la partie, et nous on se demande comment tu peux être aussi stupide. Mais on te laisse aller droit dans le mur, c'est bien mieux comme ça, on savourera ta chute avec d'autant plus de délice.
Cette matinée fait partie des "bons moments" que tu ne veux pas oublier.
Si tu savais,
Si tu savais ce qu'on sait.

# Posté le mercredi 08 octobre 2008 12:14

Modifié le jeudi 06 novembre 2008 14:07

CHAPTER 9

Tu ne vois plus tes amis, ne prends même plus la peine de rappeler ceux qui pensent encore parfois à toi. Faisons simple, tu t'isoles. A la boutique tu as un air absent et un sourire mécanique, articulé par des "Bonjour Mesdames, merci de votre visite". Tu ne te plains pas, tu ne dis plus rien. Tu vis, et ça te coûte déjà beaucoup. Tu subis les étreintes, et abhorre ces moments où seule face au miroir tes traits sont tirés. La peau grise, les lèvres abîmées, une touche de baume, mais rien y fait. On sait bien que c'est plus profond que ça, c'est en toi que tout pourrie, c'est en toi que tes illusions s'assassinent. Champ de bataille, douleur vive, un corps sur le bas côté, coeur en déroute. Ce que tu es t'importe peu, mais "être" c'est déjà trop. On doit l'avouer, ce soir, dans ton lit, t'es sacrément ravagée, les yeux au plafond, tu n'as même plus envie de penser. Le silence produit un boucan effroyable, gorge serrée, tu tends l'oreille un peu mieux.

Des pas, dans le couloir.
Des coups frappés à la porte.
La porte qui s'ouvre.
Un seuil franchit,
Yann et un ami.
Dans ta chambre,
Tu croises leurs regards,
Figée.

On s'en doutait ma Belle, la nuit est à Toi.

# Posté le mercredi 15 octobre 2008 13:48

Modifié le jeudi 06 novembre 2008 14:07

CHAPTER 10

Il n'a plus si fière allure, sous ses airs de magicien raté, il n'a plus l'envergure pour faire de tes rêves des réalités. Tu pleures, tu pleures. Il n'est plus assez fort, mais si tu avances encore, c'est que tout n'est pas perdu, alors ? Comme quoi l'avoir dans ta vie n'était pas une évidence, on se fait à tout, même au silence. Tu vois d'ici son sourire en coin, tu l'imagines le corps sous l'eau, en proie à la solitude mais ses mains ne sont plus ce qu'il te faut, c'est une certitude. Tu ne comptes plus vivre à travers lui, il est de nouveau bien loin, tu ne lui dois plus rien.
Facile à dire, facile à faire.
Oublier.

# Posté le dimanche 19 octobre 2008 13:35

Modifié le jeudi 06 novembre 2008 14:07