Ni appel, ni visite. Tu n'as plus la tête à ce que tu fais, tu revis sans cesse cette étreinte, tu resens la pression de sa peau sur la tienne, tu te perds dans ce souvenir. Tu te demandes ce qui ne tourne pas rond chez toi, ce qui fait que tu n'es pas le genre de femme qui "donne envie". Envie de t'aimer, envie de te protéger, envie de te faire jouir des heures. Les clients dans la boutique voient déjà tes larmes arriver, tu éclates en sanglot, on t'offre un mouchoir : "ne soyez pas triste Mademoiselle". On n'a pas idée de se mettre dans des états comme ça à la simple pensée de ne pas trouver chaussure à son pied. Tu finiras seule, il n'ya pas de quoi s'en faire. Tu te dis que tu en as assez d'être toi, que tu ne te supportes plus, que quitte à avoir un boulot de merde, une vie sentimentale de merde, il vaut mieux tout arrêter là. Mais où ? Dans ton appartement minable que tu as redécoré avec peine, avec sur les murs les photos des hommes que tu n'as pas su garder. Soyons sérieux, tu peux trouver mieux. Tu quittes le travail plus tôt que prêvu pour cause de mal être chronique, arrivée chez toi tu t'affales entre les draps. Quelques heures plus tard tu vomis, vomis tes rêves, et tes désillusions, avant de t'apercevoir que tu as un nouveau message :
C'est Yann, rappelle Moi à ce numéro.
Tu t'essuies le coin des lèvres,
et tu souris. Regarde toi,
T'en as aussi dans les cheveux.
et tu souris. Regarde toi,
T'en as aussi dans les cheveux.