CHAPTER 11



Tu prends ton journal, en pleurant, après t'être pris cette réalité en face. Tu écris quelque mots.


Lui savait tout de moi, je lui faisais confiance, le premier garçon dont je ne me méfiais pas. Relation particulière dès le départ, tout dans l'ambiguité. Jusqu'à dernièrement j'étais la femme de sa vie, selon Lui, celle avec qui il construirait quelque chose de sérieux plus tard, quand il se serait calmé. Paroles, paroles, mais j'ai quand même voulu croire que j'avais une importance pour Lui. Non, juste un bouche-trou, frotte ta bite contre ma cuisse connard. Quand ça n'allait pas avec Elle, je l'avais en pleurs dans mes bras. Juste un kleenex qui a absorbé tout ton mal qui coulait de tes beaux yeux. Débordements, cris et fracas. Coups dans la gueule, bleus au coeur. J'ai tout accepté, même trop. On m'avait prévenu, qu'il se servirait de moi, que je ne serai jamais rien pour Lui. Toute ma naiveté envolée, je me suis endurcie, ses mains sur moi comme du papier de verre. Je me rappelle quand il me prenait dans ses bras, ses lèvres qui se déposaient dans mon cou, qu'il me disait à quel point il avait besoin de moi, que j'étais la plus jolie. La plus conne à mon avis.... Je devais être là, juste pour Lui, tout le temps à me briser les os. Pas le droit de penser à mon coeur à moi, pas le droit d'être trop proche d'un autre garçon. Sinon c'était la crise, mots et bouteille lancés en pleine gueule (tu t'en souviens de ça?). Je me suis attachée à toi, lien particulier ou plutôt la corde qui se resserre doucement autour de ma gorge. Tout le monde partait loin de toi et je suis restée malgré tout. Et j'en suis morte, plus jamais la même.

Et ça, ce fut le mot de trop.


# Posté le samedi 25 octobre 2008 06:52

Modifié le jeudi 06 novembre 2008 14:07

CHAPTER 12


Le 16 décembre à 13:30.

Il parait que l'amour ce n'est pas pour les enfants. Pourquoi n'aurions nous pas le droit nous aussi à ce sentiment quelque peu alambiqué, à cette serénité enivrante, à cette passion qui nous brûle les lèvres ? Pourquoi ne pourrais-je pas t'étreindre tendrement et plonger amoureusement mon regard de petite fille trop vertueuse dans tes grands yeux ? Pourquoi m'hasarder au jeu de l'amour me serait défendu ? Pourquoi je n'aurais pas la légitimité d'attendre tes appels pendant des heures ? Ni esperer éperdument être l'artère qui permettra à ton coeur de demeurer en vie ? Ca y est je crois avoir compris pourquoi maman m'a toujours soutenu que tout ça n'etait que pour les grands. Parce que me laissée aller à cette folie serait courir à ma perte. Parce que moisir à aspirer la moindre concidération de ta part serait me tuer à petit feu. L'amour est un feu ardent qui finira un jour par tous nous consummer. Et cet amour qui subsistera malgrès le temps, deviendra tourment. Si je t'écris tout ceci, c'est pour que tu prennes soin de toi. Je ne veux pas que ton coeur soit réduit à sa malheureuse fonction primaire, comme le mien dorénavant. Tu es une véritable bouffée d'oxygène, alors tient toi éloigné de toutes ces briseuses de coeur. Je crois que je suis amoureuse, et c'est pour cette raison que c'est les yeux pleins de larmes et la gorge nouée que je t'écris ces derniers mots, adieu.

Message envoyé. V

# Posté le dimanche 26 octobre 2008 12:09

Modifié le samedi 29 novembre 2008 09:27

CHAPTER 13


Tu ne veux pas te rappeler combien t'avais mal de le pleurer, combien t'as mal de le rêver.

Ce soir là, tu as poussé la porte. Tu avais finis par t'y faire à son absence, pourtant. Mais il t'a laissé entrer. Son sourire t'avait ébloui. Comme ses excuses, qui paraissaient si sincère. Il avait effloré ta joue avec sa bouche, et posé sa main sur le "baiser" déposé. Il s'est rapproché de toi. Tu sentais la chaleur de son corps sans même le toucher. Tu poses alors ta main sur sa bouche. Puis brusquement tu l'as jeté, le remerciant pour cette "putain de baise" Et tu es partie. La porte s'est fermée brutalement. Tu n'osais pas bouger derrière cette porte qui te séparait de l'homme que tu aimes. Mais il n'a rien dit, rien dit, pas un mot, pas une phrase. Pas une phrase pour te retenir. Tu t'es fait une raison, tu as continué tes pas dans le couloir. Pas une larme n'a coulée sur tes joues chaudes. Il était loin de toi déjà, mais si près une nouvelle fois. Il faisait froid, trop froid. Tu es rentrée chez toi, tu as alors enfilé un pull trop grand pour toi, le paquet de cigarette traînait sur la table de nuit. Tu t'en es emparé, tu as ouvert la fenêtre.. Et puis, comme une pulsion, cette envie de ressasser les souvenirs du passé est apparue. Les mots se jetaient en toi, et te transperçaient le corps de mille coups. Lorsque tu t'es rendu compte que ses mots à lui, n'étaient plus présents. Tu n'as eu qu'une envie. Partir. Partir et ne pas revenir. Oublier. T'en étais au stade où tu ne contrôlais rien. Où, dorénavant, tu ne contrôlerais plus jamais rien. Rien. Tu prends ta voiture. Les premières minutes la peur t'as fait lâcher le volant. Lancée à 120 sur cette route sinueuse. Tu fermes les yeux. Tes yeux se ferment, tu ne veux pas voir où tu vas. Cette folie qui t'envahie. Tes regrets t'envahissent. Tes mains lâches, ta voix s'envole dans le vent, comme ses excuses, qu'il t'avait faites pourtant sincèrement. Puis la fatalité te frappe. Tout est finis. TOUT.


# Posté le samedi 29 novembre 2008 09:24

CHAPTER 14


Le retenir tandis qu'il fait volte-face, se dire qu'il est Beau. Ne pas abandonner, le forcer à tout revivre : du premier baiser à la dernière nuit. Lui montrer que c'était unique, qu'il ne retrouvera ça nul part ailleurs. Marteler les images heureuses dans ses souvenirs, insinuer des Je t'aime parmi eux. Glisser notre prénom sous sa peau, pour qu'il lui reste quelque chose. Faire des détails passés les sourires du présent. Et lui dire, lui dire que partir ne lui va pas. Qu'il doit comprendre le besoin qu'on a de Lui. Qu'il ne peut pas nous tourner le dos comme ces gens qui disent adieux. Lui dire, qu'on le rattrapera par le poignet, quitte à tirer sur ses manches, mais qu'on ne peut pas. Que partir ne lui va pas. Et lui dire qu'il est Beau même quand il n'y croit plus. Qu'on a de l'espoir pour deux, pour le monde entier tant qu'il reste là. Que c'est pas si facile de baisser les bras, quand on s'attendait à toucher le ciel. Le regarder dans les yeux sans les mouiller, tu attrapes le portable de l'hôpital où tu te trouves, et même si tu es mal en point, tu composes le numéro.
- Et si on recommençait ?


# Posté le mercredi 17 décembre 2008 12:56

CHAPTER 15

5ANS PLUS TARD...

Elle a marché sur des trottoirs salis, traversé des campagnes grises, voyagé. Elle a rencontré des personnes aux quelles elle a souries, qu'elle aurait pu aimer. Elle a cherché une évidence pendant 2ans, celle qui aurait pu lui faire oublier son envie de fuir, toujours plus loin. Elle a continué sa route, a pensé quelques fois avoir enfin trouvé sa place, mais elle est repartie, n'est jamais revenue sur ses pas. Elle s'est imaginée faire de sa personne un outil au service du monde, pour y laisser sa trace, pour que son errance ne soit pas vaine. Mais n'a pas trouvé sa réponse, a perdu espoir. Alors, Elle s'est installée, a rencontré un homme charmant, a eu des enfants charmants, a eu un quotidien charmant. A aimé les rires d'une fillette et de deux garçons, a pensé trouver en Eux la réponse tant recherchée. Puis Elle a commencé à peindre un tableau y ajoutant un trait, ou un point quand le sentiment de s'être égarée était trop intense, douloureux. Et quelques années plus tard, elle a conseillé à deux hommes de quitté le pays pour gagner leur vies, ces hommes qui l'ont aidée à sortir de son quotidien charmants, elle leurs a dit qu'elle aurait mal de les savoir loin d'elle mais que c'etait pour leur bien. Elle les a vus donné du sens à leur existence, a éprouvé le bonheur, elle s'est sentie satisfaite, au moins une fois. Pourtant, elle n'a jamais cessé de peindre chaque jour les contours de cette évidence qu'elle n'a jamais trouvée; Les contours d'un visage connu, Celui de l'Homme qu'elle aimait. Aime encore. L'Homme d'une vie, d'une réponse, L'évidence perdue. Il ne reviendra plus.


Fin du tome 1

# Posté le samedi 28 février 2009 12:18